Marko Boyer, Courtech – Article paru dans Le Détaillant – Hiver 2018

Le taux de chômage au Québec, en janvier 2019, était de 5,4 %, un record. C’est une bonne nouvelle pour les travailleurs, mais une moins bonne pour les entreprises, qui font face à une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.

Cette pénurie touche plusieurs domaines d’emplois au Québec, et ce, depuis plusieurs années. Les secteurs du commerce de détail et du commerce électronique n’y font pas exception. Et il n’y a pas que le Québec qui en souffre. Pour les spécialistes en eCommerce, à l’inverse, les occasions d’embaucher sont très nombreuses, et c’est tout un terrain de jeu qui s’offre à eux : le monde entier ! Pour les entreprises, la pénurie de main d’oeuvre se traduit par un manque de productivité. Bien sûr, les employés en poste peuvent compenser, mais vous conviendrez que c’est une solution temporaire. On le voit régulièrement dans les médias : de nombreuses entreprises sont freinées dans leur croissance parce qu’elles n’ont pas suffisamment d’employés. La situation est parfois pire : le manque de ressources qualifiées menace carrément la survie de certaines entreprises.

Les PME ont tout un défi à relever, puisque les grandes entreprises font constamment les yeux doux à leurs employés. En fait, les PME sont souvent vues comme des pépinières de talents. Le phénomène ne s’observe pas seulement à l’intérieur d’une même ville ou d’une province, mais dans plusieurs pays. Des PME d’ici voient leurs employés être recrutés par des entreprises de la Silicon Valley, par exemple, de plus en plus couramment. Les petites entreprises n’ont souvent pas le choix d’abaisser leurs exigences d’embauche, puisqu’elles ne peuvent attirer des candidats qualifiés qu’elles prendront ensuite le temps de former. Le coup dur survient quelques années, mais parfois quelques mois seulement après l’embauche, lorsque l’employé accepte un autre emploi au sein d’une grande entreprise. Il va sans dire qu’il obtiendra une augmentation salariale substantielle et une panoplie d’avantages sociaux dont il ne pouvait même pas rêver auparavant. C’est tout un casse-tête pour la direction de ces PME. Attirer et recruter des candidats est en soi un travail exigeant. Certaines PME ont parfois le luxe d’avoir au sein de leur équipe un gestionnaire en ressources humaines, mais ce n’est pas le cas de la majorité d’entre elles.

Décourageant, n’est-ce pas ?

Face à cette crise qui touche tout le marché de l’emploi, que peut-on faire ?Le sujet a été maintes fois abordé dans les dernières années, et plusieurs pistes de solutions ont été avancées. Parmi celles-ci, on s’intéresse à l’amélioration des différents ingrédients qui poussent les employés à demeurer au sein de leur entreprise (le salaire et les avantages sociaux, dont les vacances), mais également au domaine de travail, au lieu de travail, aux collègues, au patron, aux défis liés à la tâche, à la formation continue, à la conciliation travail-famille, au télétravail, à la flexibilité d’horaire, et j’en passe. Toute une recette ! On serait portés à croire que, pour attirer et retenir nos employés, il faut sortir le grand jeu. Pas nécessairement. Ne cherchez pas trop loin… Vous connaissez certainement quelques entreprises qui ont trouvé leur recette gagnante. Vous savez, la compagnie que vous voyez de temps à autre dans les médias, la PME où votre beau-frère adore travailler ou bien l’autre, celle qui figure depuis quelques années dans un classement quelconque des meilleurs employeurs ? Croyez-vous que ces entreprises offrent des salaires infiniment plus élevés que la moyenne des entreprises du marché, des vacances illimitées et une panoplie d’avantages sociaux incroyables ? Pas vraiment. J’en connais plusieurs, et je vous dirais qu’il y a un point commun entre toutes ces compagnies : une culture d’entreprise forte. Ces entreprises ont construit leur identité, leur propre ADN. Elles misent sur des valeurs qui leur sont propres, dont le respect des employés, une vision, des activités sociales, des causes qui leur tiennent à cœur, une implication sociale dans leur communauté, un code vestimentaire, un lieu de travail convivial, une structure hiérarchique souple, une communication basée sur l’ouverture, etc.

Il a été démontré que les entreprises possédant une culture forte étaient plus performantes. Bien entendu, l’établissement de cette culture demande des efforts et de la constance, et il en faut encore plus pour la maintenir. Par contre, je crois qu’aujourd’hui, dans un contexte de rareté de la main-d’oeuvre qualifiée, il ne s’agit plus d’un choix. Et vous, connaissez-vous l’ADN de votre entreprise ?

L’événement Expérience Carrière aura lieu le 1er octobre 2019 au palais des congrès de Montréal, de 10 H à 16 h. Cliquez ici pour en savoir plus